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Geneviève Goulet est enseignante au secondaire depuis 12 ans. Elle enseigne le cours d’histoire et d’éducation à la citoyenneté à l’école Horizon Jeunesse à Laval, Québec. Ce cours sur l’histoire du Québec et du Canada s’adresse aux élèves de 3e et 4e secondaire (15-16 ans). Geneviève est candidate à la maîtrise en éducation à l’Université du Québec en Outaouais. Dans ses recherches, elle s’intéresse tout particulièrement au développement de la pensée historique chez les élèves au secondaire. De plus, elle a collaboré à titre d’auteure pédagogique pour des cahiers d’activités en histoire aux éditions ERPI.

Démonstration inattendue

      Depuis quelques années, vers la fin de l’année scolaire, mes élèves de 4e secondaire doivent réaliser un sondage portant sur la souveraineté du Québec. Dans cette activité visant le développement de la conscience historique, les élèves doivent aller sonder deux personnes de leur entourage qui ont voté aux référendums soit de 1980 et / ou de 1995. Une personne doit avoir voté non à la question référendaire et la seconde doit avoir voté oui. Ainsi, en prenant en note les réponses des questions déjà préétablies, les élèves peuvent être en mesure de se faire une opinion au sujet de l’idée de l’indépendance du Québec. À chaque année, après avoir réalisé le sondage, les élèves reviennent intrigués de leur expérience. Ils réalisent que plusieurs personnes de leur entourage connaissent bien l’histoire du Québec puisqu’elles l’ont vécue elles-mêmes. Certains élèves se sentent gênés que leurs proches leur en apprennent autant sur l’histoire contemporaine. Ils me disent qu’ils ne savent rien de l’idée de l’indépendance du Québec et qu’ils voudraient en apprendre davantage à ce sujet.

Afin de palier à cette lacune face à certaines connaissances historiques des cinquante dernières années, j’ai décidé de créer une situation d’apprentissage et d’évaluation (SAÉ) qui se déroulerait en classe et qui serait préparatoire à la réalisation du sondage sur la souveraineté. Bien sûr, du même coup, je profiterais de l’occasion pour développer un concept de la pensée historique : la pertinence historique. Ainsi, j’avais déjà brièvement expliqué à l’oral ce qu’était la pertinence historique à mes élèves de 4e secondaire en écoutant une chanson de la Bolduc (voir mon blogue du 29 mars dernier). Or, dans ma SAÉ portant sur l’évolution de l’idée de l’indépendance du Québec, une activité sur le discours du général de Gaulle de 1967 serait directement en lien avec ce concept de la pensée historique.

Avant de commencer l’activité, j’ai présenté à mes élèves de façon explicite, la théorie du concept de la pertinence historique (vous trouverez ci-joint la présentation). Ainsi, ils ont appris qu’un événement pertinent amène un changement dans l’histoire et /ou peut être révélateur d’une période historique donnée. Pour rendre les explications plus concrètes, j’ai donné plusieurs exemples. Ainsi, la bataille des plaines d’Abraham est un événement qui apporte un changement : le changement d’empire. Par contre, un vidéo où l’on aperçoit ma grand-mère et ses cinq enfants est révélateur d’une période historique : le baby-boom. Ma grand-mère n’a donc pas apporté un changement à l’histoire. Pourtant, cet enregistrement vidéo est pertinent historiquement. De plus, ces images animées sont sûrement plus pertinentes pour moi car je reconnais ma mère enfant tandis que les élèves ne la connaissent pas. La pertinence historique peut donc varier d’une personne à l’autre.

Après toutes les explications détaillées sur le concept de la pertinence historique, mes élèves ont entrepris la lecture d’un texte historique, celui du discours du général de Gaulle prononcé à Montréal en 1967. Les élèves étaient en silence en train de lire lorsque soudainement, un collègue frappa à ma porte de classe avec l’intention de venir parler d’activités sportives à mes élèves. J’ouvris la porte et je lui expliquai en murmurant que mes élèves étaient en train de lire le discours du Général de Gaulle. C’est alors que mon collègue entra abruptement dans ma classe et d’une manière théâtrale s’exclama très fort : «Le Général de Gaulle, ce président français qui s’est illustré lors de la seconde guerre mondiale était venu ici, au Québec durant la période de la révolution tranquille. Il était venu à Montréal pour visiter l’exposition universelle de 1967. Lorsqu’il est monté sur le balcon de l’hôtel de ville pour prononcer un discours, la foule était endiablée. À la fin de son discours, il a prononcé cette phrase que les québécois n’oublieront jamais : Vive le Québec libre !»  C’est alors que mon collègue quitta ma classe en laissant mes élèves abasourdis. Je crois que mes élèves venaient d’assister à la plus incroyable démonstration du concept de pertinence historique !

 

Pour en savoir plus sur le Général de Gaulle : www.charles-de-gaulle.org

 

 

  

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What is a Benchmark?

<p>John W. Hartman Center for Sales, Advertising &amp; Marketing History,<br />Duke University Rare Book, Manuscript, and Special Collections</p>

A surveyor cut a "benchmark" into a stone or a wall when measuring the altitude and/or level of a tract of land. A bracket called a "bench" was secured in the cut to mount the surveying equipment, and all subsequent measurements were made in reference to the position and height of that mark.

The term "benchmark" was first used around 1842 to refer to a standard of quality by which achievement may be measured.

The foundation documents available through the Benchmarks site attempt to help teachers establish standards for assessing student learning of the modes of thought that constitute historical thinking.

John W. Hartman Center for Sales, Advertising & Marketing History,
Duke University Rare Book, Manuscript, and Special Collections