Un spectateur qui connaît l’histoire comprend qu’un film peut paraître convaincant sur le plan historique sans représenter exactement le passé. Une scène de Intolerance, D.W. Griffith, 1916.

Concepts

Les chercheurs ont dégagé des concepts qui établissent les fondements de la pensée historique. Le Projet de la pensée historique repose sur cette approche, ainsi que sur six concepts de la pensée historique distincts, mais étroitement reliés. Pour adopter une pensée historique, les élèves doivent pouvoir :

  1. établir la pertinence historique
  2. utiliser des sources primaires
  3. définir la continuité et le changement
  4. analyser les causes et les conséquences
  5. adopter une perspective historique
  6. comprendre la dimension éthique des interprétations historiques.

Ensemble, ces concepts relient la « pensée historique » à des compétences associées à la « connaissance historique ». Dans ce cas, on entend par « connaissance historique » l’acquisition d’une compréhension plus approfondie des événements historiques grâce à une étude active des textes historiques.

Lorsque l’on détient une connaissance de l’histoire, on sait comment interpréter diverses affirmations, par exemple, l’Holocauste n’a pas eu lieu, l’esclavage n’a pas eu les conséquences néfastes que l’on dit pour les Afro-Américains, les droits des autochtones reposent sur des fondements historiques et l’expérience russe en Afghanistan doit servir d’avertissement au Canada. On détient les outils nécessaires pour participer à ces débats. On peut évaluer des sources historiques. On sait qu’un film historique peut sembler « réaliste », sans être exact. On comprend l’utilité d’une note de bas de page.

En bref, on peut déceler la différence entre les usages et les abus de l’histoire, comme le dit si bien Margaret MacMillan dans son récent ouvrage.

La « pensée historique » ne devient possible qu’en lien avec un contenu significatif. Ces concepts ne sont pas des « compétences » abstraites. Ils établissent plutôt une structure qui façonne la pratique de l’histoire.

Qu’est-ce qu’un « repère »?

<p>John W. Hartman Center for Sales, Advertising &amp; Marketing History,  <br />Duke University Rare Book, Manuscript, and Special Collections</p>

Selon les géologues, un repère (ou benchmark en anglais) est une marque faite sur un objet permanent dont la cote d'altitude est connue, par rapport à un niveau de référence officiel.

Un support (appelé bench en anglais) était encré dans la marque afin d’y installer l’instrument de mesure de l’arpenteur-géomètre. Toutes les références ultérieures étaient alors faites en fonction de ce repère.

L’emploi du terme « repère » pour signifier une norme de qualité (ou benchmark en anglais) est apparu pour la première fois en 1842.

Les documents de base que l’on trouve sur le site du projet Repères visent à aider les enseignants à établir des normes pour évaluer l’apprentissage, par les élèves, des modes de pensée qui constituent la réflexion historique.

John W. Hartman Center for Sales, Advertising & Marketing History,
Duke University Rare Book, Manuscript, and Special Collections